Articles de presse concernant l'achat par Sahaja Yoga d'un château dans les Alpes de Haute-Provence

Une secte a-t-elle acheté le château de Jausiers ?
 TEXTE INTEGRAL - 18/11/99
 
Les Alpes-de-Haute-Provence tremblent à l’idée que la demeure des "Magnan" puisse devenir la maison mère française de "Sahaja Yoga"

L’ancienne propriété du comité d’entreprise de la Caisse régionale d’assurance-maladie du Sud-Est serait sur le point de devenir un "centre de relaxation et de méditation" de la secte indienne Sahaja Yoga qui figure en tant que telle dans le rapport parlementaire des députés Alain Gest et Jacques Guyard. L’Association de défense des familles et des individus (Adefi) en est en tout cas persuadée et à la préfecture, on semble plutôt confirmer.

Un château vendu 2,5 millions de F
M. Goulpour, un Iranien habitant Paris et agissant en lieu et place de M. Srivastava, un Indien habitant l’Italie est devenu propriétaire du château des Magnan pour quelque 2,5 millions de francs le mois dernier, la destination de la demeure devant être un centre de relaxation.
"Le nom de l’acquéreur m’a fait sursauter, indique la présidente de l’Adefi, M. Srivastava ayant épousé en 1947 Mme Nirmala Salve Devi qui se fait appeler Shri Mataji Nirmala Devi, autrement dit Mère sacrée et fondatrice de l’association Sahaja Yoga." Cette secte qui propose une sorte de "bain doctrinal" est un syncrétisme spirituel à dominante hindouiste dans lequel on ajoute, formule bien connue, art de vivre, harmonie, paix dans le monde et guérison des maladies... Présente dans le monde entier et déjà propriétaire d’une grande demeure en région parisienne, la secte est donc sur le point d’ouvrir un autre grand centre à Jausiers.
Il va sans dire que dans la petite commune où la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre, on s’inquiète fortement. A la préfecture de Digne-les-Bains, on indique que cette secte sera très surveillée en étroite collaboration avec le nouveau procureur de la République, M.Jaeglé et qu’aucun "dérapage" ne sera toléré.

L’affaire du petit Yoann
Cette secte avait déjà fait parler d’elle en 1991, date à laquelle les grands parents du petit Yoann 8 ans, de Rennes, avaient dénoncé l’école religieuse indienne aux confins de l’Himalaya dans laquelle il avait été envoyé par ses parents, eux-mêmes membres de la secte.
Après le Mandarom à Castellane, cette nouvelle implantation semble faire des Alpes-de-Haute-Provence un terreau privilégié des sectes, une notoriété dont le département se serait bien passé.

Roberto Figaroli

 

Shri Mataji : la Mère sacrée
C’est l’épouse de M. Srivastava (lui-même élu secrétaire général de l’agence spécialisée des Nations Unies pour les affaires maritimes, en retraite depuis 1990), qui est le gourou de la secte
Sahaja Yoga.
Shri Mataji a déclaré être "L’Adi Shakti, la Mère de toutes les mères, l’incarnation de l’Esprit Saint et du Christ."
Elle déclare aussi à ses fidèles : "Tous mes pouvoirs vous protégeront, mon Amour vous nourrira, et ma Nature vous remplira de paix et de joie.Sahaja
Yoga est le Jugement Dernier."

Alpes : une association contre la secte de Jausiers
 TEXTE INTEGRAL - 23/11/99
 
Après le rachat aux enchères de l’ancien centre de vacances de la Cram du Sud-Est par la secte "Sahaja Yoga", les habitants du 04 se mobilisent.

Alors que notre quotidien révélait le 18 novembre dernier le possible rachat du château de Jausiers par l’époux de la fondatrice et gourou de la secte Sahaja Yoga, préfecture et procureur de la République des Alpes de Haute-Provence attendent d’en savoir un peu plus sur les intentions du futur "centre de relaxation" qui doit investir bientôt le Château des Magnans à Jausiers, près de Barcelonnette. Les habitants du petit village des Alpes de Haute-Provence se sont eux, déjà mobilisés. De nombreux riverains envisagent de créer une association de défense contre la secte qui figure sur le rapport parlementaire des députés Alain Gest et Jacques Guyard. "Nous craignons pour nos enfants et nos familles," indiquent en substance les habitants de Jausiers et de la région.
Il faut dire qu’ils ont toujours en mémoire l’affaire du petit Yoann Durand de Rennes qui, âgé de 8 ans, avait été envoyé par ses parents - eux-mêmes membres de la secte- à l’"International Sahaja public school", une école religieuse du nord de l’Inde, dans laquelle il a été rebaptisé "Yogesh".
Dans cette école où l’on vénère Sri Mataji, "La Mère des mères" ou la "Mère Sacrée" comme la nomment les fidèles, et qui n’est autre que Mme Srivastava, épouse de l’ancien fonctionnaire de l’ONU qui a acquis le château de Jausiers, on forme les enfants à la méditation.
"J’ai envoyé mon fils dans cette école pour le soustraire aux excès d’un monde où règnent l’argent et la pornographie, affirme la mère Josette Durand ; depuis qu’il apprend la méditation, mon fils retrouve la douceur qu’il commençait à perdre..." Si pour l’instant l’acheteur du château se montre très discret, à Jausiers, on veut éviter de tels dérapages et on se prépare à la lutte. "On ne veut pas voir se répéter dans les Alpes de Haute-Provence, le scandale du Mandarom," concluent les riverains.

Roberto Figaroli

 


Pour contacter l’association :
M.Faure-Geors 04 92 81 18 58 M. Pelloux 04 92 81 22 64.

 


L’Ubaye ne veut pas d’une secte au château des Magnans
 TEXTE INTEGRAL - 12/12/99
Vendredi soir se tenait à Jausiers une réunion publique, à quelques mètres du château racheté par la secte Sahaja Yoga. Les habitants s’inquiètent

Les élus de Jausiers ont encore passé une journée à ne parler que de cela. La vente du château des Magnans, dans la vallée de l’Ubaye, à un représentant de la secte Sahaya Yoga, n’a pas fini d’agacer. Vendredi soir, la mairie organisait une réunion d’information avec l’association de défense de la famille et de l’individu (ADFI).
Les habitants ont visiblement entendu l’appel. Ils sont venus en masse, plus de 600 dans la petite salle polyvalente du village, à quelques mètres du château, pour écouter Mme Burguière, la présidente de l’ADFI à Aix.

L'avertissement de l'Adfi
Plus qu’apporter des précisions sur les actions de la secte en question, Mme Burguière est venue prévenir : "Il ne faut pas croire que seuls les faibles sont concernés. Les sectes peuvent s’en prendre à n’importe qui. Elles promettent la lune et elles savent appâter le client." Et force est de constater que le château des Magnans est un bel appât.
Mais pour les voisins du château, ces conseils de prudence ne suffisent pas. Certains ne peuvent se résoudre à accepter cette présence. Ils n’ont pourtant pas le choix, comme l’affirmeront la présidente de l’ADFI et Jean-Pierre Aubert, le maire de Jausiers : "La meilleure façon de se battre, c’est de rester vigilants, solidaires et faire de l’information préventive."
Et à ceux qui lui reprochent d’avoir agi trop tard, le maire répond par un dossier qui, dit-il, a été proposé sans succès à plusieurs administrations, depuis que le château est en vente. "Pensez qu’au lieu d’une secte, nous pourrions avoir un centre de vacances de la gendarmerie", se défendra Jean-Pierre Aubert.
Selon l’ADFI, la secte avait convoqué ses adeptes, cet été, en Grèce. Avec ordre d’amener de l’argent français, en liquide. "Nous pensions que Sahaya Yoga allait acheter quelque chose en France, affirme Mme Burguière. Mais nous ne savions pas où. Maintenant, nous savons." Mais il est trop tard. En faisant monter les enchères au dernier moment, le mari du gourou, salarié d’une administration internationale, s’est avancé masqué.
"Il faut mener une… guerre (je ne trouve pas d’autre mot) sans merci contre cette secte", affirmera, tonitruant, Jean-Pierre Aubert. Et de brandir l’armada de contrôles fiscaux, de sécurité ou d’hygiène qu’il annonce contre la secte.

Bertrand Gauthier

 

ADFI-Aix, Place Romée-de-Villeneuve, 13090 Aix-en-Provence.


Secte : un avocat pour contrer l’implantation de Sahaja Yoga à Jausiers
 13/01/2000
L’association "SOS Ubaye" se bat sur le terrain judiciaire avec Me Pesenti pour tenter d’annuler la vente aux enchères du château des Magnans

Le petit village de Jausiers, dans les Alpes de Haute-Provence, et avec lui plusieurs communes de la vallée de l’Ubaye, fourbit ses armes pour tenter de contrer l’implantation de la secte de Sahaja Yoga, dans le château des Magnans vendu aux enchères publiques en octobre dernier.
Ainsi, l’association "SOS Ubaye", regroupant de nombreux riverains et des personnes ne souhaitant pas l’installation de cette secte dangereuse, vient-elle de confier sa défense à Me Jean-Michel Pesenti, du barreau de Marseille, qui s’est déjà illustré lors des récents procès sur la scientologie. "Si un vice de procédure apparaît dans la vente aux enchères, on pourrait l’exploiter pour l’annuler. Il faut procéder à des vérifications précises. Par ailleurs, on doit faire bouger l’opinion publique et les responsables politiques du département et de la région, que chacun prenne ses responsabilités", note le bouillant avocat.
Une action médiatique et d’envergure pourrait être menée autour du château. M.- Aubert, le maire de Jausiers, filleul du président François Mitterrand, évoque souvent la notion de "cordon sanitaire" qui pourrait prendre la forme d’une véritable chaîne humaine autour de cette bâtisse historique, réplique du château de Louis II de Bavière à Neuschwanstein édifié en 1903…
En attendant, l’association et les gens de la vallée affichent clairement leurs intentions: "partir en guerre contre Sahaja Yoga".
Il compte évidemment beaucoup sur l’expérience de leur avocat puisque son cabinet s’était occupé de l’affaire du petit Yohan, envoyé dans une école tibétaine de cette secte qui veut faire du château des Magnans une nouvelle base arrière de ses curieuses idées.
Travaillant en partenariat avec la mission interministérielle qui suit l’évolution du phénomène sectaire en France, Me Pesenti et SOS Ubaye ne manquent pas d’arguments. Seront-ils suffisants ?

Eric Espanet


Jausiers et l'Ubaye en marche contre l'installation de la secte
 28/01/2000
 
Samedi, les populations de Jausiers et des communes de l'Ubaye se mobiliseront pour refuser l'arrivée de la secte "Sahaja Yoga" au château des Magnans. Détermination...

À une dizaine de km de Barcelonnette, dans la vallée de l'Ubaye, la réplique du château de Louis-II de Bavière à Neuschwanstein domine majestueusement Jausiers depuis 1903.Partie intégrante du paysage, cette bâtisse néo-gothique se trouve aujourd'hui au centre de toutes les polémiques. Depuis qu'un certain 21-octobre 1999, M. Majid Golpour a acquis aux enchères, pour 2,5 millions de francs, cette demeure, ancien centre de vacances des enfants du personnel de la Caisse Régionale d'Assurances Maladies de Provence-Alpes Côte d'Azur. Derrière cet homme mystérieux, "universitaire chercheur en relations internationales" se cachait en fait M. et Mme- Srivastava, un couple d'Indiens dont la femme n'est autre que le gourou de la puissante secte de "Sahaja Yoga". Il aura fallu la révélation de "La Provence" pour que la mairie de Jausiers et les services des renseignements généraux des Alpes de Haute-Provence découvrent finalement le pot-aux-roses. Après l'arrivée du Mandarom à Castellane, dans les années soixante, l'Ubaye sera-t-elle confrontée à son tour et durablement au phénomène sectaire? "Pas question", estime M.- Aubert, maire de Jausiers, filleul du président Mitterrand, qui lance l'idée d'un "cordon sanitaire" autour du château des Magnans pour dire "non" à l'installation, au printemps prochain, d'un centre de vie communautaire.
Il serait dirigé par la toute puissante et mégalomane "Shri Mataji", 76 ans, qui revendique des pouvoirs surnaturels pour "sauver les êtres humains, leur accorder la libération et leur offrir le Royaume des Cieux".

SOS Ubaye se structure
Une association voit le jour. "SOS Ubaye" se structure en peu de temps. Elle compte déjà plus de 300 membres. Des pétitions circulent dans toute la vallée de l'Ubaye, les équipes de télévision se pressent à Jausiers…
Un bouillant et médiatique avocat marseillais, spécialisé dans les sectes, Me Pesenti, prend la défense de l'association, cherche comment faire annuler la vente aux enchères, se référant à une récente jurisprudence sur le droit des contrats. Il mène un combat sans merci à "Sahaja Yoga", répertoriée "dangereuse" par un rapport parlementaire.
Une grande marche populaire, partant de la mairie, avec pique-nique et rassemblement pacifique au château, est donc programmée ce samedi 29 -janvier à 12-heures. De très nombreux élus ont déjà assuré de leur participation. Plus d'un millier de personnes est attendu. "Notre force, c'est la médiatisation à outrance", martèle l'avocat.

"De l'hypocrisie de la part de l'État"
Pour Fred Bourquerod, vice-président de SOS Ubaye, "dans cette histoire de secte, l'administration n'a pas été très rapide et prouve aussi qu'elle n'a pas de moyens juridiques pour intervenir. À ce jour, les politiques du département, de la Région s'en tapent le coquillard. On nous dit: la secte est dangereuse mais on ne peut rien faire, c'est vraiment de l'hypocrisie de la part de l'État". L'objectif est clairement défini par d'autres membres actifs de "SOS Ubaye": "ces gens-là ne doivent pas s'installer sinon on en aura pour 20 ans, ici ce n'est pas Castellane". M.-Gilly, maire-adjoint, est aussi clair: "on ne veut pas de ça chez nous; au travers de l'histoire, on a déjà prouvé qu'en Ubaye on était accueillant mais la philosophie de cette secte n'est pas bonne pour la vallée, pour nos enfants". Et de chercher une parade juridique pour casser la vente afin de voir "pour quel projet d'utilité publique la commune pourrait-elle lancer une expropriation".
Samedi, Jausiers et l'Ubaye seront en ébullition, en marche contre ces châtelains mystiques indésirables.

Eric Espanet

"La mère sainte" incarnerait tous les dieux du monde
De son fauteuil roulant, Mme-Nirmala Salve Devi, connue de ses adorateurs sous le nom de Shri Mataji, "la mère sainte" veille sur une fortune personnelle estimée à plus de 17- millions de francs. Son credo: incarner tous les dieux du monde pour les milliers d'adeptes de cette secte "
Sahaja yoga" fondée en 1970 et déclarée sous forme d'association à Paris en mai-1981. Sa doctrine: rupture avec le noyau familial, rejet de la médecine traditionnelle, du raisonnement et de la sexualité condamnée comme expression des "forces sataniques". La secte compte près de 2000 membres en France et dispose de centres régionaux, notamment à Nice et Marseille.

En Ubaye, 400 manifestants défilent contre la secte
 30/01/2000
 

Hier matin, à Jausiers, la marche pour refuser l'installation de la secte "Sahaya yoga" au château des Magnans a connu un succès mitigé. Une action juridique est prévue...

"L'Ubaye se réveille, la secte s'en va". "La mère sacrée n'aura pas la vie de château" ou encore "pour chasser les indésirables, utilisez l'insecticide SOS Ubaye". Fièrement portées à bout de bras par les manifestants, ces pancartes donnent le ton de la marche de protestation contre l'installation de la secte "Sahaja yoga", dans le château des Magnans, à Jausiers, petit village de la vallée de l'Ubaye, dans les Alpes de Haute-Provence. Hier, à midi, devant la mairie, le cortège se forme. Une vingtaine d'élus ceints de leur écharpe tricolore l'ouvrent, suivis par les représentants de l'association qui mène le combat contre cette secte, leur avocat Me Pesenti, des enfants, des autochtones et plusieurs personnes venues des villages voisins. Au total, près de 400 personnes. Certains en espéraient un millier alors que 2500 signataires ont pourtant déjà apposé leur nom sur une pétition… Très médiatisée, cette manifestation bonne enfant parcourt les deux km qui séparent la maison commune à ce château des Magnans, acheté aux enchères en octobre dernier par les époux Srivastana dont la femme est le gourou de la dangereuse secte Sahaja yoga".
Quelques mères de famille tiennent à assister à cette marche, leurs gamins à la main, tenant une pancarte bien explicite: "ma mère sacrée est à côté de moi", faisant ainsi référence à leur vraie maman, et par allusion au petit Yohann, cet enfant contraint de suivre une "éducation" dans une antenne de cette secte en Himalaya. Brassards rouges pour montrer leur indignation, les manifestants arrivent près du château, fermé et sans vie, où un pique-nique s'improvise dans la neige. M. Lanfranchi, président de la communauté de commune de la vallée de l'Ubaye note: "on n'a pas convaincu tout le monde de venir marcher à nos côtés mais les gens de la vallée sauront se mobiliser plus tard, dans d'autres combats contre ces gens qui prônent la dislocation de la famille". À ses côtés, l'avocat marseillais, Me Pesenti évoque sa future bataille juridique, bien au-delà de ce rassemblement symbolique: "la solution idéale serait que la CRAM prenne conscience de l'intérêt public et estime qu'elle a été trompée sur l'identité des acheteurs.
Nous, on va faire une demande d'annulation du contrat de vente au tribunal de Digne". Pendant ce temps, un porte-parole des nouveaux châtelains affirme qu'il s'agit d'une "affaire privée" et qu'il est désormais envisagé de faire des Magnans un "hôtel restaurant!"

Eric Espanet

Sans aucuns parlementaires
Les trois parlementaires du département des Alpes-de-Haute-Provence, les députés Robert Honde (radical de gauche), Jean-Louis Bianco (parti socialiste), également président du conseil général, et le sénateur Claude Domeizel (PS) n'ont pas participé à la manifestation contre la secte. Les deux premiers étaient toutefois représentés par M.-Hermitte, suppléant et Roux, conseiller général. M.-Spagnou (RPR), président de l'association des maires du 04 était là, quant à lui…

José Martinez, gardien du château : "Ils sont venus préparer des lits..."
28/01/2000
Gardien du château des Magnans pour le compte de l'ancien propriétaire (la CRAM), José Martinez vit toujours avec sa femme et ses enfants dans la "Magnanerie" qui jouxte la bâtisse. Aux "premières loges", il est le mieux placé pour observer ce qui se passe depuis la vente du château, le 21-octobre dernier. Date qui n'est pas prêt d'oublier. "Deux heures après le départ des curieux, les Srivastana sont arrivés à bord d'une Mercedes immatriculée en Italie et conduite par un chauffeur. D'autres véhicules venus de l'Ouest de la France, du Vaucluse, de Savoie, d'Ardèche et de Belgique les ont rejoints.
Tout ce monde est entré dans le château, s'agenouillant au fur et à mesure devant le gourou de la secte, la "Shri Mataji" assise dans un fauteuil roulant. Elle faisait des gestes curieux devant ses adeptes. Là, j'ai compris qu'il se passait quelque chose de bizarre…". Depuis cette fin octobre, José Martinez voit régulièrement venir un italo-suisse, répondant au nom de Carlo.
Tous les matins, après avoir dormi seul dans ce grand château froid où seulement deux fenêtres du premier étage restent ouvertes, l'homme reprend son break immatriculé en Italie et quitte Jausiers… pour revenir le soir. Au village, certains avouent l'avoir vu près d'un grand hôtel de Barcelonnette où résident des italo-indiens, membres de la secte… "Peu avant les fêtes de fin d'année, le chauffeur de Mme -Srivastava est revenu avec des adeptes originaires du grand sud de la France. Il y a eu un peu de mouvement au château. Je les ai vus préparer les lits, battre des matelas puis plus rien", témoigne le gardien. Une présence sporadique qu'on explique à Jausiers : "Ils montent au château pour le surveiller et surtout voir si leur bien ne subit pas de dégradations; ils craignent des actes malveillants". M.-Martinez renchérit: "d'ailleurs, un huissier est venu faire un inventaire complet du mobilier et des objets à l'intérieur du château".

E.E.


Une population partagée...
 28/01/2000

"Avant on nous demandait où voir les loups, maintenant c'est pour la secte"

"Vous vous rendez compte, avant, on nous demandait où on pouvait voir des loups dans la nature, maintenant, les touristes nous questionnent sur l'implantation des Indiens de la secte". Patricia et Serge, du "café des Arcades", dans la grand-rue du village de Jausiers, en ont assez du battage médiatique fait autour de l'installation de "Sahaja Yoga". Au comptoir de leur commerce, les langues se délient et les autochtones ont un sentiment très partagé, voire agacé dès qu'on aborde la question et les actions menées par la mairie et "SOS Ubaye". Cette histoire divise la population. "Si vous ne voulez pas signer leur pétition, alors on vous catalogue comme étant pour la secte" renchérit un autre commerçant. Et le couple de cafetiers de poursuivre: "on n'est pas pour la secte mais favorable à la tolérance. Si elle était si dangereuse, elle ne s'implanterait pas en France. De toute façon, c'est un problème de liberté individuelle. Avant de se prononcer sur cette secte, il faudrait qu'on sache comment les gens vivent cette cohabitation là où elle s'est déjà installée". Un peu plus loin, Thierry, le coiffeur, ne s'étend pas sur le sujet: "on est commerçant, on n'a pas à prendre position. Quoiqu'on dise, ça va nous retomber dessus…".

"Des appels inquiets au sujet des gamins"
Mais à l'heure de l'apéritif ou du petit noir du matin, la conversation revient invariablement sur la secte. Agnès Nègre, la directrice de l'office de tourisme tente de faire la part des choses. "Certes, on sent une certaine tension dans le village, mais à l'office aucun appel extérieur ne m'a posé des questions sur la secte. En revanche, des centres de vacances qui hébergent des gamins ont eu des coups de fils de personnes inquiètes pour la sécurité des petits". Adhérente de "SOS Ubaye", Agnès manifestera samedi pour dire "non à l'installation de la secte".
Si la majorité silencieuse de Jausiers demeure prudente sur le sujet, estimant que l'image du village et de l'Ubaye pourrait être écornée, Claude Romain, du magasin de sports, s'explique sans détour: "Les gens ont peur de ce qu'ils ne connaissent pas. Moi, en tant que chrétienne, je suis le pape qui dit "n'ayez pas peur de l'autre même s'il est différent de vous", à condition, bien sûr, qu'il n'y ait pas aliénation de l'être humain. On a besoin de transparence mais je ne suis ni contre ni pour ceux qui viendront s'installer au Château". Sur la brochure touristique de la vallée de l'Ubaye, le château des Magnans fait toujours la "une" en couleur. Promis, il devrait disparaître sur la prochaine édition!

E.E.


Secte : à Jausiers, l'opération commando tourne court
09/02/2000

Dans la soirée de lundi, un groupe d'activistes incontrôlés a tenté mais en vain de dresser un barrage de pneus enflammés autour du château

Ils avaient promis de revenir. Ils sont revenus Ils ? Quelques éléments incontrôlés, membres ou non de l'association "SOS Ubaye" qui depuis l'achat par la secte "Sahaja Yoga" du château des Magnans à Jausiers (A-H-P), rassemble les opposants à cette présence plus qu'indésirable.
Après avoir, le 2 -février, momentanément barré la route d'accès, une trentaine d'individus sont revenus avant hier vers 23 heures dans les parages du château munis de pneus auxquels ils comptaient mettre le feu. Las! Le brasier espéré ne s'est jamais enflammé et le commando anti secte a préféré prendre la poudre d'escampette à l'arrivée des gendarmes. Lesquels n'ont procédé à aucune interpellation. D'ailleurs, aucun des protagonistes de cette opération avortée n'aurait été identifié… De son côté l'association "SOS Ubaye" qui, un peu plus tôt, dans la soirée s'était réunie avec le souci de poursuivre le combat dans la légalité, envisage avec le soutien des collectivités locales (Jausiers, Barcelonnette) et territoriales (Communauté de communes, Département, Région) de créer un groupe de gestion qui le moment venu pourra racheter le château.

François de Bouchony


Jausiers: la secte "dévalise" le château
14/10/2000

Des adeptes s'emparent du mobilier. "SOS Ubaye" et les gendarmes interviennent...

Sur les hauteurs de Jausiers, en Ubaye, l'imposant château des Magnan est généralement fermé. Sans vie ni mouvement particulier depuis qu'il est devenu propriété de la secte Sahaja Yoga, en octobre -1999. Sur place, seule l'association "SOS Ubaye" créée pour combattre l'implantation de la secte dans cette vallée poursuit ses actions, forte de nombreux membres, de milliers de signatures pétitionnaires et d'un bouillant et médiatique avocat, Me Pesenti, du barreau de Marseille. Dernière action en date: l'implantation d'une tente à 5 mètres de l'entrée du château pour informer les touristes des dangers de la secte. Une présence qui ne plaît guère aux propriétaires! L'autre nuit, après s'être fait contrôler durant 3- heures par les services des douanes, au col de Larche, une quinzaine d'adeptes de différentes nationalités, dont des médecins, anciens ingénieurs, chefs d'entreprise ou étudiants, sont venus d'Italie avec un camion de… 11 tonnes. Une visite dont le but était de déménager une partie du mobilier du château (lits, matelas, cuisinières, meubles…) au profit d'une association caritative Italienne. C'est du moins la version donnée par la secte aux gendarmes locaux. Entre les membres de "SOS Ubaye" et les adeptes, la tension monte. Des gifles sont échangées, des bousculades suivent et des insultes fusent. Les gendarmes doivent intervenir pour ramener le calme sur le site. Des plaintes ont été déposées par les deux camps. Frédéric Bourquerod, porte parole de "SOS Ubaye" s'explique: "Nous étions là pour leur mettre la pression, leur montrer qu'on ne veut pas de secte chez nous, leur faire remarquer qu'un camion de 11 tonnes ne doit pas circuler sur une route interdite aux plus de 2,5 tonnes et s'assurer que le mobilier classé historique du château ne disparaisse pas". Et de poursuivre: "Notre présence constante agace ces membres de la secte qui se sont montrés sous leur vrai jour, plutôt violents et vindicatifs, bien loin du pacifisme revendiqué". Jeudi soir, Me Pesenti est venu à la rencontre des élus du secteur et de ses clients de l'association "anti-secte" pour leur expliquer sa stratégie pour tenter de faire barrage à Sahaja Yoga. En ce sens, il attend beaucoup des futurs décrets de loi sur la "manipulation mentale" afin de brandir une arme juridique valable. Aujourd'hui, les "déménageurs" sont repartis en Italie. Le calme est revenu à Jausiers. Jusqu'à quand ?

Eric Espanet

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